Une tasse de thé

Vendredi 13

14 novembre 2015
Depuis toute petite, j’avais peur du vendredi 13, les croyances disaient que cela portait malchance, tout comme croiser un chat noir, briser un miroir… Alors je regardais toujours à l’avance quand allait tomber ce jour, je vérifiais si j’avais un contrôle et le révisais parfaitement, je priais pour que ça se passe bien.
Et puis, un 13, j’ai rencontré celui qui m’a sortie de ma période noire simplement parce qu’il était. Depuis, j’abordais les vendredi 13 plus sereinement, car je sais qu’avec lui, rien ne peut m’arriver.
En 2014, j’ai décidé de faire une école de commerce. Pour cela, j’ai du passer un concours national écrit pour être sélectionnée pour les oraux. Ayant fait mon choix à la dernière minute, je passais mon oral à Troyes le vendredi 13 juin. J’avais peur, mais j’ai finalement obtenu ma place pour intégrer celle-ci.
Les mois sont passés, et comme chaque 13 du mois, je souhaite un « bon mois-versaire » à mon rayon de soleil. Hier, vendredi 13, journée de la Gentillesse, nous sommes donc sorti au restaurant et il m’a déposé chez moi à 23 heures et quelques. C’était une bonne soirée. Fatiguée par ma journée, je me couchais directement en regardant Facebook, comme d’habitude.
« Est ce que vous allez bien? Etes vous dans la zone concernée ? »
« Ne vous inquiétez pas, je vais bien, j’étais à l’Olympia »
« Prise d’otage au Bataclan »
                                                                          « On croyait à des pétards au début »
                                              « Le bilan actuel est de 80 morts »
On avait encore attaqué mon pays. 11 mois après. Après que plus d’une dizaine de personnes soient mortes pour avoir dessiné, imprimé ces dessins.
J’ai eu du mal à trouver le sommeil, je me suis réveillée à 4h du matin et le bilan s’alourdissait. Est ce que je faisais un cauchemar ? Auquel cas je voulais me réveiller vite. Et si je n’étais pas en train de cauchemarder, ça voulait dire que c’était réel ? Je ne voulais pas me rendormir, de peur de me réveiller dans un pays en état de guerre.
Non, je ne voulais et je ne veux pas ça. 
J’ai eu du mal à me réveiller. Je suis partagée entre la tristesse, la colère, l’incompréhension, la peur. La tristesse pour toutes ces victimes, qui n’ont rien demandé à personne à part passer du bon temps, assister à un match, un concert… Ceux qui nous ont quitté, ceux dont le bilan est critique, ceux qui n’ont pas encore donné signe de vie.
Je suis en colère contre ceux qui ont fait ça, aucune religion ne veut la mort. Aucun « Dieu » ne veut ça. Ne faites pas d’amalgames, s’il vous plait. 
Source
Je ne comprends pas comment on en est arrivé là. Par ailleurs, je remercie l’armée, les forces de l’ordre, tout ceux qui nous protègent chaque jour contre cela.  Mais pourquoi des personnes s’attaquent à d’autres qui n’ont rien fait ? Pourquoi nous ? Pourquoi tuer ? Pourquoi ce problème ? Je veux comprendre.
J’ai peur pour les gens que j’aime, j’ai peur d’être dans un pays en guerre, de ne pas être en sécurité. J’ai peur de la prochaine fois, qu’elle touche encore plus de monde. J’ai peur pour mon pays, pour ma liberté, l’avenir de mon pays, du monde. Comment cela va évoluer ? 
Depuis toute petite, j’avais peur du vendredi 13, les croyances disaient que cela portait malchance… Aujourd’hui samedi 14, j’ai compris pourquoi…
#PrayforParis 

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